Urbex : l’adrénaline face à des sites à l’abandon

La pratique contemporaine de l’urbex tend à la découverte et l’exploration de lieux désaffectés, parfois même en ruines. Focus sur cette tendance d’investigation.

Image d’une école abandonnée.

Tendance et mystères de l’urbex

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Depuis quelques années déjà, disons entre cinq et dix ans, certaines personnes consacrent une partie de leur temps à l’exploration de lieux abandonnés. C’est ce qu’on appelle l’urbex, contraction des mots « exploration » et « urbaine ». Une sémantique assez cohérente. Il existe même un terme pour ses pratiquants : les urbexeurs. Ceux-ci ont soif de découvertes peu ordinaires et d’histoires passées. En quelques sortes, ils sont à la recherche d’histoires s’étant déroulées dans des lieux existant encore aujourd’hui. Souvent en ruines ou du moins délabrés, ces sites leur permettent une aventure énigmatique dans des endroits à priori impénétrables.

Image d’un bâtiment désaffecté.

Des usines abandonnées aux villes fantômes, en passant par des hôpitaux et des asiles psychiatriques, l’urbex englobe tout type de site à l’abandon. Même les propriétés privées. En France, l’un des instigateurs de cette tendance est Anil B., influenceur et anciennement youtubeur gaming connu sous le pseudo de Wartek. Sur sa chaîne YouTube, il propose même une playlist « Urbex », regroupant toutes ses vidéos d’inspection de lieux désaffectés. La première date de 2016, et il s’agit alors d’une usine. Assez classique. Mais Anil poursuit ses explorations jusqu’en 2018 et présente un panel d’endroits de plus en plus intrigants. En 2017, l’une de ses vidéos fait le buzz : l’exploration du centre nucléaire Tchernobyl, 30 ans après la catastrophe. Celle-ci accumule plus de 2,4 millions de vues. Une vraie réussite.

Capture d’écran de la vidéo d’Anil B.

Problématiques de l’urbex

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Si l’urbex séduit, elle n’en reste pas moins une pratique illégale et interdite. Bien qu’elle s’inscrive dans une zone grise juridique, l’article 226-4 du code pénal stipule que l’introduction dans le domicile d’autrui est prohibée. En effet, les sites à l’abandon, notamment lorsqu’il s’agit de bâtiments, ont souvent un propriétaire. Il s’agit donc souvent de propriétés privées. Ainsi, les explorateurs s’exposent à une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison et 15.000€ d’amende. L’urbex reste un hobby respectueux dans la mesure où il se réalise sans effraction. Si les accès au lieu désaffecté sont clos, les entrées ne sont pas forcées.

Au-delà de la problématique réglementaire, l’urbex pose aussi la question de la dangerosité de sa pratique. En effet, les bâtiments abandonnés et visités par les explorateurs sont parfois dans de piteux états. Détériorés, en friches, ceux-là présentent un vrai risque pour les visiteurs. Ils menacent de s’écrouler sous leurs pieds et peuvent parfois correspondre à un réel danger. L’urbex se pratique donc avec une bonne préparation au préalable, comprenant le repérage des lieux (habituellement sur Google Maps) et l’outillage adéquat. Les urbexeurs se doivent donc d’être bien équipés pour leurs excursions.

Capture d’écran des vidéos de Gabriel & Corentin.

Gabriel et Corentin, de la chaîne YouTube éponyme, sont deux jeunes français adeptes d’urbex, très suivis sur les réseaux sociaux. Bateaux, immeubles, musées, villas… Ces deux amis se professionnalisent en la matière et commencent toutes leurs vidéos avec un message d’avertissement : « L’urbex est une pratique dangereuse et illégale et nous n’encourageons pas à la reproduire. Si vous reconnaissez le lieu, merci de ne pas divulguer son nom ou sa localisation. ». La discrétion quant aux endroits visités est certainement la règle d’or de l’urbex. Ne pas révéler le lieu, c’est le préserver. Prudence est mère de sureté.

Image de Gabriel et Corentin dans un hôpital abandonné.
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