Netflix : Beastars saison 1

Petite nouveauté Netflix, Beastars est l’adaptation animé du manga à succès du même nom, écrit par la mystérieuse Paru Itagaki. Si l’on ne connait pas le visage de l’écrivaine, on se repaît de son univers bestial et ses personnages attendrissant.

La bête, l’humain et l’instinct.

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Imaginez une société d’animaux, où herbivores et carnivores vivraient en « harmonie »: consommation de viande interdite, institutions mixtes, gouvernements pro-herbivore, etc… L’histoire de Beastars nous plonge dans cet univers atypique et étrange. Nous suivons l’histoire d’étudiants de l’institut Cherryton, reflet perfectionné de cette société incongrue. Les élèves vivent dans des dortoirs séparés: carnivores avec carnivores, herbivores avec herbivores. La société s’est organisée pour proposer les « meilleures conditions de cohabitation ».

D’un point de vue extérieur tout semble parfaitement organisé, tout semble aller pour le mieux. Jusqu’au jour où le tsunami fait déborder le vase: Tem, un élève herbivore, est assassiné sur le campus. On soupçonne immédiatement les élèves carnivores, ce qui ravive les braises des querelles ancestrales. De là, ce monde, que l’on pensait si parfait, met à nu ses cicatrices et les inégalités qu’il abrite.

L’idée de fond

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Les premières minutes de l’animé présentent parfaitement la problématique qui servira de trame par la suite. A savoir : les relations entre carnivores et herbivores. Où la bataille entre les instincts primaires et le besoin de vivre en société (et donc de suivre ses règles). Si l’on ne prend par gare, il nous sera facile de se laisser berner par les apparences. Sachez une chose, c’est que certaines de vos convictions seront ébranlées à la fin de ce manga. Les notions de ce qui est bien, de ce qui est mal, mais surtout de ce qui est bon. Faut-il voir le meurtre d’un herbivore par un carnivore comme du canibalisme? Ou comme la chasse naturelle d’un prédateur? Est-ce un meurtre? Où simplement la nature qui s’exprime? Faut-il se laisser aller, ou résister?

Je n’en ai aucune idée, et tous les personnages se posent les même questions. Certains cèdent à leurs instincts, d’autres se débattent pour résister et trouver une meilleure solution. Manger de la viande est si bon, mais si mal, cela donne faim et en même temps ces scènes nous rendent nauséeux. Le rapport à la nouriture est complexe, l’auteur réussi à vous rappeler ce qu’est le plaisir de la bonne chair tout en nous renvoyant les complexes de l’éthique et de l’humanité. Tout est si compliqué lorsqu’on est humain, ou humanisé…

L’ambiance

Un autre point percutant sur l’adaptation de Netflix reste les musiques. Entre « Canibalism », « Impending darkness » de Satoru Kousaki ou encore « Wild Side » de ALI. La série nous offre une playlist Jazzy-Classique, qui lui prête un côté rétro, en opposé aux graphismes de notre époque. L’ensemble donne un rythme haletant à la série. On suit la danse endiablée des personnages, sur ce rythme qui va en s’accélérant au fil de l’épisode, pour finir le souffle coupé lorsque l’épisode se termine. C’est la fluidité des plans et leur enchaînement naturel qui nous fait tourner la tête et rend le visionnage très agréable.

Les personnages et leur relative innocence contrastent le côté sombre de l’histoire. Ces derniers sont encore assez jeunes, ils découvrent la vie et confrontent leurs notions du monde avec sa réalité. Chaque nouvelle rencontre, chaque expérience a un impact (même infime) qui leur permet d’évoluer. Paru Itagaki, l’auteure de cette pépite, a fait preuve d’une telle minutie que l’on ne se rend compte de ces changements que tard dans la série.

Laissez-vous emporter par l’histoire de Legosi, Haru et Louis. Leur monde est bien plus complexe que ce qu’il n’y parait à première vue. On en vient même à se demander qui est réellement le chasseur dans cette histoire. Car lorsque l’ambition carnassière remplace les instincts primaires, même une proie inoffensive peut se transformer en monstre.

Tandis que chacun tente de refouler sa vraie nature, tous essaient de se trouver une place dans ce monde. Cette allégorie nous renvoie, au final, à notre propre condition. Est-ce la bête à qui l’on prête des traits humains ? Ou l’humain que l’on bestialise dans cet
animé ?

Vous en voulez plus?

Si la série vous plait, sachez qu’il existe une version manga. En réalité, le manga est plus avancé dans l’histoire que l’animé. En France, on vient de publier le 12ème tome, cependant le Japon s’apprête à sortir l’avant-dernier tome (le 21ème). Du bonheur à l’état brut en perspective et l’assurance d’une histoire complète et achevée. À condition que Ki-oon (éditeur en charge du projet en France depuis janvier 2019) continue la publication jusqu’au bout.

Si la série est effectivement une bonne adaptation du manga, certaines scènes sont cependant plus développées dans la version papier ce qui donne plus de profondeur à la trame, ainsi qu’aux personnages [pour celles et ceux que ça intéresse ;)].

En ce qui concerne la saison 2, elle a été annoncé pour Janvier 2021 au Japon. Possible que l’adaptation suive rapidement en France si l’histoire vous plait!

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