Les Eblouis, portrait d’une secte et de ses dérives…

Les Eblouis est un film de Sarah Suco, sorti en 2019. C’est le premier film de cette actrice connue notamment pour avoir joué dans la série “Dix pour Cent”, ou encore dans le film “Aurore” de Blandine Lenoir.

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Ce film raconte l’histoire de Camille, 12 ans, passionnée de cirque, c’est l’aînée d’une famille nombreuse. Un jour, ses parents intègrent une communauté religieuse basée sur le partage et la solidarité dans laquelle ils s’investissent pleinement. La jeune fille doit accepter un mode de vie qui remet en question ses envies et ses propres tourments. Peu à peu, l’embrigadement devient sectaire. Camille va devoir se battre pour affirmer sa liberté et sauver ses frères et sœurs.

L’Histoire du film

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Camille a donc 12 ans. Elle vit par le biais de sa passion : le cirque. Pourtant, un jour, lors d’une représentation au sein de la communauté où travaille sa mère, elle va incarner un personnage décalé et démentiel. Dès lors, les membres de cette communauté, en réalité une secte, vont imposer aux parents de Camille un choix : c’est le cirque ou la communauté. La mère de Camille se voit dans l’obligation de garder sa place dans la communauté en tant que comptable, car elle ne trouve de travail nulle part ailleurs. Camille devra donc arrêter le cirque. Petit à petit, ils vont venir vivre à la communauté, et toute la famille, y compris Camille, va être embrigadée dans la secte.

Camille a cependant, contrairement au reste de sa famille, des éclairs de lucidité très fréquents même si, de l’extérieur, elle défend sa famille et cette secte. Elle n’attend qu’une seule chose: s’évader, et échapper ainsi à ce cercle. Elle veut sauver ses frères et sœurs et leurs permettrent d’avoir une enfance digne de ce nom. Elle tentera de sauver sa mère, mais celle-ci ne vit plus que pour la secte et y est consacrée corps et âme. Son père, lui, est un peu moins naïf, mais aveuglé par l’ amour qu’il porte à sa femme , il ne parvient pas à résister, et se laisse à son tour, peu à peu embrigader.

Ce qui ne devait être qu’un lieu de travail pour la mère de famille, devient un lieu de vie. Ils s’installent petit à petit, vivre définitivement au sein de cette communauté. Les enfants à la fin , ne vont plus à l’école. En effet, celle-ci ayant émis de gros doutes sur la capacité des enfants à s’épanouir, et ne voulant éveiller les soupçons, les parents de Camille les retirent donc. Ils ne vivent qu’à travers cette communauté , et se trouvent enfermé dans un culte sectaire viscéral.

La Distribution

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Camille est donc jouée par Céleste Brunnquell, dont c’est le premier rôle au cinéma. Elle est l’actrice principale de cette œuvre cinématographique. Sans parler, elle nous partage ses émotions et ses angoisses les plus viscérales. Eblouissante, elle incarne avec justesse ce personnage tout en nuances, tantôt espiègle, tantôt en détresse. Elle nous partage sa haine, son dégoût, sa révolte, sa compassion et ses craintes. Elle a d’ailleurs récemment joué dans la série diffusée sur Arte ” En thérapie”.

Camille Cottin, quant à elle, est extraordinaire en mère de famille catho psychologiquement fragile qui embarque ses enfants dans les dérives sectaires de façon purement inconsciente. Camille Cottin est surprenante et endosse un contre-emploi saisissant. Celle qu’on avait l’habitude de voir dans des comédies nous déploie là, une nouvelle facette de son talent.

Le père de famille, lui est incarné par Éric Caravaca, juste et touchant dans le rôle d’un père qui, aimant sa femme de manière inconditionnelle ne sait où se positionner et finit à son tour par être embrigadé.

Le Film

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Ce film nous montre donc les dérives sectaires d’une famille, par le biais du regard enfantin (Camille Brunnquell). Il est juste, profond, et surtout il n’est pas manichéen. Il nous montre tout les rouages d’une secte , qui annihile tout esprit de critique et toute conscience. On y voit sans jeu exagéré, la stratégie d’emprise sur les cerveaux, les cœurs et les corps qu’exerce toute secte. Ce film est en partie autobiographique puisque la réalisatrice Sarah Suco, déclare avoir vécu lors de son enfance plus de 10 ans dans une communauté catholique religieuse. Puissant et saisissant, il nous montre la véritable dérive sectaire, détruisant nos clichés et nous montre que n’importe qui, peut dès demain se laisser embrigader.

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