En thérapie, un huis-clos triomphant

La nouvelle série signée Éric Toledano et Olivier Nakache est diffusée sur Arte depuis fin janvier. Rencontrant un succès immédiat, En thérapie brise le tabou de la psychanalyse.

Image des acteurs de la série En thérapie. Télérama.

Une thérapie fondamentalement axée

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Présentée sur 35 épisodes pour la première saison, En thérapie propose un casting pour le moins stupéfiant : Carole Bouquet, Mélanie Thierry ou encore Reda Kateb se succèdent dans des épisodes pensés comme des séances de psy. Un épisode par personnage, afin de pouvoir déterminer de manière plus spécifique leur profil. En tout et pour tout, les patients sont au nombre de cinq, dont un couple. Ceux-ci sont tous, de près ou de loin, réunis par un facteur commun : les attentats de Paris, en 2015. C’est d’ailleurs à cette période même que se déroule l’intrigue. Par conséquent, dans les épisodes plane une ambiance d’hébétude et de sidération générale, provoquée tant par le psy que par ses patients. On attribue donc ce traumatisme commun aux attaques terroristes.

Image du thérapeute Philippe Dayan dans son cabinet.

Les patients s’adressent tous au même thérapeute, Philippe Dayan, un psychanalyste brillamment interprété par Frédéric Pierrot. Il est le fil conducteur de la série, un repère pour les spectateurs. Son cabinet constitue le décor principal -pour ne pas dire le seul- de l’œuvre. Adapté de la série originale israélienne, BeTipul, et orchestré par le duo Olivier Nakache / Éric Toledano, nous avons donc affaire à un huis-clos anxiogène pour certains, révélateur pour d’autres. Durant le tournage, le rôle du psychanalyste était la préoccupation première des réalisateurs qui, avertis par Hagai Levi (réalisateur de BeTipul) de l’intensité du jeu, veillaient à ce que Pierrot ne « pète pas les plombs ». Plus tard, l’acteur confiera : « certains jours, j’étais lessivé ».

La renaissance d’un métier déprécié ?

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En thérapie représente un véritable espoir pour la psychanalyse, métier souvent négligé, voire rabaissé. Le mépris pour cette science sociale réside, entre autres, dans le rejet des politiques à son égard. La série comportant une pluralité de patients aux profils bien distincts, elle permet ainsi une identification aisée des téléspectateurs. Dans l’ordre d’apparition, nous avons une jeune chirurgienne de l’hôpital Saint-Antoine (Mélanie Thierry), un policier de la BRI étant intervenu au Bataclan (Reda Kateb), une adolescente sportive (Céleste Brunnquell) et, finalement, un couple vacillant (incarné par Clémence Poésy et Pio Marmaï). Une multitude de traits, donc, pouvant déclencher une certaine projection sur le public. C’est pourquoi la thérapie devient à nouveau, potentiellement, une option envisageable.

Image de Reda Kateb et Olivier Nakache durant le tournage.

Les séances ont pour but de libérer la parole des patients afin qu’ils puissent se livrer sur l’intégralité de leurs pensées et ressentis. Certaines sont plus profondes que d’autres. Au fur et à mesure des épisodes, l’intensité semble monter d’un cran. On suit le cheminement thérapeutique des personnages, tantôt obsédés par leur psy, tantôt dans le déni du déclin de leur couple. Mais Philippe Dayan lui-même, le psychanalyste, est suivi par une thérapeute (Carole Bouquet). Ainsi, on le voit passer d’une bienveillance extrême à l’égard de ses patients à une fatigue et une colère, intimement liées, d’une part, à son métier, et d’autre part, à sa vie privée. Auprès d’Esther, il assiste à des séances de contrôle et se livre sur la difficulté de son travail ainsi que sur ses peines personnelles. Un homme comme les autres, en somme.

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