Disparition de Bertrand Tavernier : le cinéma endeuillé

Ce jeudi 25 mars 2021, à l’âge de 79 ans, c’est le cinéaste Bertrand Tavernier qui nous a quittés. Hommage et retour sur le parcours atypique d’un passionné. 

Image de Bertrand Tavernier.

Une fascination innée 

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Le paysage culturel ne manque certes pas de facteurs mornes et tragiques depuis près d’un an. Privé de représentations en tous genres ainsi que de projections, le monde du cinéma se voit aujourd’hui, en plus, pleurer l’un de ses plus grands scénaristes : Bertrand Tavernier. Réalisateur, écrivain, producteur, cinéaste…c’est sans fin que l’on peut énumérer les diverses casquettes du lyonnais, devenu président de l’Institut Lumière. Cet organisme est chargé de la conservation du patrimoine et de l’héritage cinématographique, projet auquel Tavernier aura dédié une grande partie de sa vie. Sa disparition représente ainsi une perte considérable pour le septième art. 

Portrait de Bertrand Tavernier.

Né en 1941, Bertrand Tavernier a toujours eu une santé pour le moins fragile. Très jeune, il est atteint d’une tuberculose, qu’il combat activement avec l’aide de ce qui deviendra son premier grand amour : le cinéma. En effet, c’est, d’après lui, ce qui l’a aidé à faire face aux épisodes les plus sévères d’une existence frêle. Il fait ses premiers pas en tant qu’attaché de presse du célèbre scénariste Stanley Kubrick – réputé pour son sale caractère –, puis comme critique cinématographique dans la presse. Très vite, il développe une relation privilégiée avec des grands du milieu (notamment Martin Scorsese) et, par conséquent, une véritable passion pour le cinéma américain. 

Du cinéphile au cinéaste

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On lui doit, entre autres, des ouvrages tels que Amis américains : entretiens avec les grands auteurs d’Hollywood puis 2030 et 50 ans de cinéma américain (co-écrits avec Jean-Pierre Coursodon). C’est dire si le bonhomme s’y connait. Analysé en long, en large et en travers, le cinéma issu des États-Unis n’avait donc aucun secret pour lui. Ses écrits sont considérés comme étant de véritables reliques et même des œuvres de référence par les férus de cinéma du monde entier. Cette ivresse, ancrée au plus profond du cinéphile, persévère et provoque la réalisation de son premier film, en 1974 : L’Horloger de Saint-Paul. C’est alors que la machine est définitivement lancée. 

Image de Bertrand Tavernier avec Philippe Noiret sur le tournage de L’Horloger de Saint-Paul, en 1973. Prod DB © Lira Films

Ses plus grands succès à l’écran correspondent aux films Le Juge et l’Assassin (1976), drame au casting iconique comprenant Isabelle Huppert et Philippe Noiret ; ou La princesse de Montpensier (2010), dans lequel on retrouve les acteurs Mélanie Thierry et Gaspard Ulliel. D’ailleurs, les deux sont à retrouver en ce moment sur Netflix. Bien entendu, Bertrand Tavernier possède un palmarès titanesque dont on choisira ici de faire valoir le prix du Lion d’or pour la carrière à la Mostra de Venise, en 2015. Celui-ci le sacre en tant qu’immense cinéaste et en fait officiellement un incontournable du milieu. Enfin, impossible de ne pas citer son documentaire Voyage à travers le cinéma français (2016), un véritable chef-d’œuvre. Cette “encyclopédie du cinéma” (Nathalie Baye) laisse tout un monde orphelin.

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