Disparition de Belmondo, une légende nous a quitté…

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Jean-Paul Belmondo


Belmondo est le fils d’une artiste peintre et du sculpteur Paul Belmondo, dont toute sa vie il défendra passionnément l’œuvre. Elève turbulent, adolescent plus amateur de sport (la boxe, qu’il pratiquera longtemps, et le football) que d’études, il est attiré par la scène, joue en amateur dès 1950, prépare chez Raymond Girard l’entrée au Conservatoire, où il est admis en octobre 1952. Formé par Pierre Dux, il en sort cinq ans plus tard, peu apprécié du jury mais adoré par des camarades qui ont pour nom Jean-Pierre Marielle, Claude Rich, Jean Rochefort, Bruno Cremer, Françoise Fabian ou Pierre Vernier. Il débute par des seconds rôles alimentaires au cinéma, ne vise en réalité que le théâtre, où il connaît un premier succès dans Oscar, aux côtés de Pierre Mondy, en 1958.

Belmondo, un cascadeur qui savait traverser les genres…

Jean Paul Belmondo s’est éteint lundi dernier, à l’âge de 88 ans, nous laissant pour héritage, son talent gravé à tout jamais dans des films, aussi bien populaires que d’auteurs ,et aussi tendres que dramatiques. Retour sur ce comédien emblématique qui laisse à beaucoup, un souvenir irrésistible…

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Une liberté de ton, une spontanéité, un charme fou, voilà quelques adjectifs employés pour décrire cet artiste. Il a su charmer nos cœurs avec une facilité déconcertante. Humble et simple, Belmondo a, tout en traversant les époques, toujours gardé une modernité absolu dans son jeu.

Un Monstre du cinéma Français

Entre films populaires et films d’arts et d’essai, Jean Paul Belmondo a toujours réussi à passer de l’un à l’autre en y étant toujours, d’une justesse inouïe. Aucun genre ne le caractérise vraiment, pour la simple raison qu’il faisait tout, et qu’il le faisait passionnément.

Il restera cet acteur qui a marqué plusieurs générations. L’acteur surnommé “Bebel”, avait également pour le théâtre, un amour inconditionnel. C’est d’ailleurs sur les planches d’un théâtre, celui de “l’Atelier’, qu’il fera ses débuts dans une pièce de Jean Anouilh, “Médée”.

C’est d’ailleurs là qu’il est crédité sous le nom de Jean-Paul Belmondo mais la tragédie s’avère un échec public.

« Médée est le premier bide de Jean Anouilh, et je joue dedans ! »

 Il interprètera des pièces de Feydeau et de George Bernard Shaw.

Sa carrière cinématographique débute vraiment avec un petit rôle, dans Sois belle et tais-toi, réalisé en 1958 par Marc Allégret : Belmondo y croise Alain Delon, également débutant La même année, Jean-Paul Belmondo est envisagé pour tenir l’un des rôles principaux du film Les Tricheurs.

Belmondo retrouve ensuite Marc Allégret pour les besoins du film Un drôle de dimanche, avec Bourvil et Danielle DarrieuxJean-Luc Godard, alors critique aux Cahiers du cinéma, juge le film exécrable, mais loue le talent de Belmondo en qui il voit « le Michel Simon et le Jules Berry de demain ». Godard l’embauche ensuite pour jouer dans son court métrage Charlotte et son jules : Belmondo inaugure ainsi une période de collaboration au mouvement dit de la Nouvelle Vague.

Belmondo aura tourné avec les plus grands : Sautet, Chabrol, ou encore Godard dans” A bout de souffle”.

Il signera pour son premier rôle en tête d’affiche,  A double tour, un troisième long-métrage , celui dr Claude Chabrol. Il y campe avec vigueur et naturel un intrus venu flanquer la pagaille dans une famille bourgeoise refermée sur ses sales secrets. A ce moment, Godard est enfin prêt à faire appel à lui pour A bout de souffle. Son agent signifie au comédien qu’il ferait « la plus grande erreur de sa vie » en acceptant d’être la vedette de ce film sans scénario et presque sans argent d’un inconnu à la réputation peu fiable.

Les débuts du succès

Il entame 1970 avec Borsalino, film policier réalisé par Jacques Deray, dans lequel il partage la vedette avec son rival au box-office, Alain Delon. Le film remporte un triomphe commercial, approchant les cinq millions d’entrées.

En 1971, l’acteur fonde une maison de production, Cerito Films, dans le but de gérer plus efficacement sa carrière et de s’investir dans ses films de manière plus personnelle

Durant les années 1970, Jean-Paul Belmondo tourne énormément . Il enchaine les succès publics sous la direction de metteurs en scène comme Philippe de BrocaHenri VerneuilClaude Chabrol ou José Giovanni : Les Mariés de l’an IILe CasseDocteur PopaulLa ScoumouneLe Magnifique.

En 1975, il remporte un très gros succès avec Peur sur la ville d’Henri Verneuil, dans lequel il exécute des cascades dangereuses et risquées, dont une scène où il apparaît suspendu à un hélicoptère au-dessus du vide. Belmondo retire du tournage quelques blessures, qui ajoutent à sa réputation.

 « Pour l’intelligentsia parisienne, j’étais devenu un cascadeur, je ne savais plus jouer la comédie »

Belmondo enchaîne polars, films d’aventures, comédies : L’Incorrigible de Philippe de Broca, dans lequel il s’amuse à camper un « anti-Superman, l’anti-séducteur traditionnel, plutôt un grand gosse plus ou moins honnête », L’Alpagueur de Philippe LabroLe Corps de mon ennemi d’Henri Verneuil, L’Animal de Claude Zidi, où il tient un double rôle.

Entre 1978 et 1983, la carrière de Jean-Paul Belmondo connaît son apogée commerciale. Il enchaîne trois films réalisés par Georges Lautner : Flic ou Voyou, qui dépasse, pour la première fois dans la carrière de Belmondo, le million d’entrées sur Paris-périphérie, Le Guignolo, dans lequel il réédite sa cascade en hélicoptère, et Le Professionnel, ce dernier film dépassant les cinq millions d’entrées en France. En 1982, il dépasse encore le score du Professionnel avec L’As des as, réalisé par Gérard Oury, qui triomphe commercialement malgré des rapports de plus en plus tendus avec la critique, à laquelle Belmondo n’a pas souhaité montrer le film.

Récompenses

*Belmondo s’est vu recevoir le César du meilleur Acteur en 1989, puis en 1998 le golden camera for lifetime achievements, et enfin en 2016 le lion d’or pour sa carrière.

L’acteur préféré des français nous a quitté, mais ses œuvres magistrales resteront indélébiles, dans la mémoire et dans les cœurs.

J’ai bientôt 84 ans et j’ai toujours pensé que, le jour de ma mort, les gens parleraient de moi mais qu’après, ils passeraient à autre chose. J’en suis un peu moins sûr, désormais…

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