Bacri, l’éternel ronchon : hommage à un acteur hors pair

L’acteur franco-algérien Jean-Pierre Bacri disparait ce lundi 18 janvier, laissant derrière lui un héritage cinématographique considérable et marquant. Retour sur son parcours.

Photo de l’acteur Jean-Pierre Bacri.

Boudeur aguerri, gaillard rabougri

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Particulièrement identifiable grâce à son sale caractère, Bacri reste cependant une icône du cinéma français, admiré et chéri. Il fait la gueule, n’en déplaise à qui que ce soit. Surtout pas aux réalisateurs. Encore moins aux journalistes qui l’interviewent. Son côté râleur, ainsi que son air sévère et fermé, deviendront ses points forts. Et cela finira même par séduire les téléspectateurs, à tel point que l’agacement quasi-constant se lisant sur son visage devienne une taquinerie. Bacri assume, atteste et déclare même, lors d’un journal télévisé dont il est l’invité : « je n’aime pas le sourire à tout prix ». Une marque de fabrique qui souligne sa personnalité, souvent perçue comme étant dure, voire même cassante.

Image de Jean-Pierre Bacri aux côtés d’Agnès Jaoui.

Né de l’autre côté de la méditerranée en 1951, c’est en Algérie que Jean-Pierre Bacri passe la première partie de sa vie. Dans un contexte de guerre et de révolution, il en garde un souvenir difficile, amer. La fin du combat sonne ses 11 ans et, comme bien d’autres algériens menacés par les membres du FLN, sa famille fuit en France en 1962. Après un parcours quelque peu brouillon, il fait ses premiers pas dans le monde du septième art, dans les années 80, et y rencontre sa future partenaire de vie : Agnès Jaoui. Ils partagent l’amour du cinéma et le leur, indéniablement réciproque. On les retrouvera souvent ensemble, à l’écran, notamment dans Le goût des autres, Au bout du conte ou encore On connaît la chanson.

Bacri triomphant, une réussite flagrante

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Son succès est fulgurant et, très vite, il s’établit en tant que personnage public important. Au-delà de jouer la comédie, il est aussi scénariste. Le cinéma, c’est son truc. Ainsi, au cours de sa carrière, il se voit recevoir une salve de prix et de récompenses gratifiantes. Entre autres, on lui attribue (ainsi qu’à sa compagne) le césar du meilleur scénario original pour Un air de famille (1994) et Smoking / No Smoking (1997), puis l’étoile d’or du meilleur acteur dans Kennedy et moi (2000) et le prix Molière du comédien pour son rôle dans Les Femmes savantes (2017). Sacré palmarès. En 2018, il partage l’affiche avec Camille Cottin et Vanessa Paradis dans Photo de famille. Ce sera sa dernière apparition sur grand écran. Il y incarne Pierre, un père de famille divorcé et exaspéré.

Image de Jean-Pierre Bacri aux côtés de Gérard Lanvin dans Le goût des autres.

La disparition inattendue de l’acteur frappe les français de plein fouet. C’est un cancer qui emporte Bacri, contre lequel il a lutté plusieurs mois durant. À 69 ans seulement, sa mort est tragiquement précoce. On aurait aimé qu’il tire la tronche un peu plus longtemps. Fidèle à lui-même, ses médecins rapportent qu’il n’aura pas voulu de traitement de faveur dû à sa célébrité. De nombreuses personnalités ont publiquement témoigné de leur tendresse pour Bacri à l’annonce de son décès. Parmi elles, le président de la République Emmanuel Macron : « son humanité laconique et sensible continuera de peupler nos vies. » (Twitter), mais aussi ses compagnons de travail tels que Gilles Lellouche, qui indique une « immense immense immense tristesse » (Instagram). À jamais, Jean-Pierre Bacri restera une légende française. Celle qui se transmet de génération en génération et ne meurt jamais.

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